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Articles

Affichage des articles du janvier, 2013

Apprendre, philosopher, avec les outils numériques

De Nadège P.   Lorsque des innovations techniques majeures pour l’évolution culturelle, impactent le champ traditionnel de la connaissance et de la transmission des savoirs, il est habituel qu’elles soulèvent plus d’opposition et de résistance que l’acceptation enthousiaste, en particulier de la part des « lettrés » et des universitaires. L’histoire n’est pas nouvelle : l’invention de l’écriture sur des tablettes d’argile – en Mésopotamie vers 3400 ans avant notre ère, à la fin de la Préhistoire –, sans doute la plus puissante de toutes puisqu’elle rendit possible l’inscription durable et réutilisable à volonté d’informations de toute nature, ainsi que les opérations comptables, l’organisation et la gestion codifiée des sociétés et, plus généralement, la maîtrise planifiée de l’histoire humaine, fut dès l’Antiquité grecque la cible de critiques philosophiques virulentes, dans la mesure où elle bouleversa radicalement l’apprentissage des savoirs. La transmission o...

La sympathie des âmes

La sympathie des âmes existe. Les incrédules ne connaissent point ce bonheur, le plus solide et le plus constant, si loin des mille plaisirs que procurent nos diverses passions ; non, ce bonheur, ils ne peuvent le comprendre ; ce bonheur, qui, par nature, est une félicité étrangère aux sensations plaisantes que nous procurent toutes les rencontres agréables du monde, ils ne le saisissent point, ils ne le sentent point. Ils jugent, ils évaluent, ils analysent, ils calculent ; ils n’aiment point. Un homme se juge, un plaisir s’évalue, une relation s’analyse, un intérêt se calcule, mais l’amour véritable, qui est une quintessence de deux singularités convergeant dans un même mouvement, qui est la joie de deux âmes se réunissant en une unique harmonie vivante, qui est un serment d’amour toujours renouvelé par le bonheur jaillissant à chaque instant de ce lien éternel et volontaire, cet amour là, ce vrai amour, refuse d’être divisé, décortiqué, épluché à la manière des chefs-d’œu...

Cure de métaphore

  Un comprimé matin, midi et soir. Face à l’inanité de la vie estudiantine, composée de vaisselle, de ménage et autres machines à laver, je vous offre le secret d’une vie de sagesse. Le philosophe tourné vers la « pensée de la pensée » souffre de ces multiples chutes dans l’absurde. Comment y remédier ? C’est impossible me direz-vous, il est nécessaire de s’atteler à ces tâches quotidiennes ! Bien sûr, nous ne pouvons les éviter, mais notre rapport à elles peut entièrement changer… La métaphore ! Gloire à elle qui depuis la nuit des temps, rend les hommes plus forts que la vie ! La sagesse jaillit dans le discours métaphorique. Pouvez-vous imaginer un sage avec un autre genre de discours ? La métaphore comme dépassement des limites de l’esprit, dépassement de la philosophie, récits mythiques de Platon… Son bienfait n’est pas seulement dans la puissance de l’image, mais il est essentiellement dans la distance de soi au monde qui devient primordiale. Lorsqu’on ...

Toutes les formes d’amour sont légitimes

Quand nous sommes confrontés à un sujet comme « l'amour commence avec l'amour »… ….il faut déjà se demander ce que signifie le commencement et aussi ce que recouvre le concept amour. La phrase l'amour commence avec l'amour sous-entend en effet un examen de l'origine de l'amour, une explicitation de la genèse de l'amour. L'on peut être frappé par l'apparente tautologie de la phrase l'amour commence par l'amour car nous sommes comme dans un schéma rétroflexe ou autosuffisant, en d'autres termes, il commencerait par l'amour et se finirait sur l'amour? L'amour et rien d'autre? Et puis d'ailleurs comment déceler l'amour, est-ce justement à son commencement qu'on décèle l'amour ou non? Serait-il possible de l'éprouver sans être en pleine conscience de ce ressenti? Est-ce, même si la phrase l'amour commence avec l'amour semble nous mettre sur la piste de l'élément premier de l'amour, ...

L’amour comme surgissement d’un abîme inconnu

Il apparait dans la rencontre avec autrui, mais pas n’importe quel autre. Celui qu’on aime se distingue de la masse mouvante, indéterminée, il est l’autre. Ce qui le différencie c’est son charme insondable. L’infini intouchable de l’altérité, ce qui le fait être autre. C’est ce à quoi fait référence Jean-Luc Nancy lorsqu’il dit « Aimer c’est toucher l’ouvert.» dans Corpus. L’autre-aimé est cette ouverture intouchable, une tentation de l’âme. On ne peut toucher l’infini de l’autre, on y entre à tâtons comme l’enfant innocent, sans savoir ce qu’il adviendra, car le véritable amour se passe de projections, il n’est que joie dans le présent, du moins au commencement. L’amour commence avec l’amour car il est pur présent, innocence, aucun plan, aucune volonté ne peut le précéder. La rencontre de l’autre est une rupture dans sa temporalité. Nous avons une temporalité quotidienne fait de souvenirs de son passé remémorés, d’actes conscients dans son présent, et de projections par l’...