« On devient quoi en philo ? » Cette question a fait siffler mes oreilles, pendant plus de quatre heures, aux Journées Universitaires. Comme chaque année, c’est la déroute. Les lycéens se succèdent, les remarques fusent, le cynisme grandit. D’ailleurs, ils ont tous ce petit sourire narquois, lorsqu’ils aperçoivent la pancarte « philosophie ». Oh ! Des Philosophes, une espèce menacée ! Bah oui, « y’a aucun débouché ! ». Je m’évertue à les convaincre. Non, la philosophie ne vous destine pas à une errance angoissante à Pôle Emploi. Sinon, pourquoi philosopher ? « Eh bien, je suis en STG et j'écris un livre qui critique trop la société. Tu crois que ça ira pour finir de l’écrire ? Y'aura pas trop de travail à la fac de philo? » Trop bonne question, c’est un polar ? Mais voilà déjà une autre lycéenne qui approche. Oui, elle a le regard vicieux : « ça va les études ? Je ne m’intéresse pas à la philo. Mais y’a du monde partout où c’est intéressant, j’aime pas faire la queue....
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