Accéder au contenu principal

Si je retournais en licence



Arriver en Master, c’est comme franchir un cap. Tout à coup, on se sent « vieux », on regarde en arrière avec mélancolie. Les starking-blocks sont loin, la vie active approche. Désormais, impossible d’éviter la terrible question de l’étudiant : « mais au fait, où je vais ? ».
L’angoisse surgit, je perds pied. Qui n’a pas ressenti cette impression de vertige, en arrivant en Master ? Comble de malheur, j’éprouve le sentiment de ne rien savoir, ou d’en savoir toujours trop peu. J’ai à peine effleuré la surface de la philosophie… Vite, une pelle, je dois creuser en profondeur ! J’aurais dû commencer ce travail depuis ma première année.
Si je retournais en licence... je dévorerais des livres sur les distinctions conceptuelles. Mon manuel de terminale serait devenu ma bible. J’aurais listé tous les mouvements en « isme » , au risque d’une indigestion. J’aurais dépêché des enquêteurs sur la signification du mot « problématique ». 
Si je retournais en licence… je voudrais qu’on me dise que les objets qui nous entourent ne sont pas des choses en soi. Que rationnel est différent de rationalisable. Que la plupart de nos connaissances ne sont que probables. Que…
Surtout,  que le goût de la philosophie vient en philosophant. Car je n’ai jamais autant aimé m’aventurer sur les bancs de ma faculté. Je me meus désormais sur une terre familière, où je savoure chaque pelletée, qui découvre mon ignorance.
Et je me réjouis plus encore d’en savoir si peu. Car il me reste d’autant plus de choses à creuser : des montagnes d’idées, des vallées de questions, une source intarissable d’étonnement.




JULIE W
Master 1

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Revue de Septembre 2018 - Spécial Rentrée

Les JU : un peu d'humour

« On devient quoi en philo ? » Cette question a fait siffler mes oreilles, pendant plus de quatre heures, aux Journées Universitaires. Comme chaque année, c’est la déroute. Les lycéens se succèdent, les remarques fusent, le cynisme grandit. D’ailleurs, ils ont tous ce petit sourire narquois, lorsqu’ils aperçoivent la pancarte « philosophie ». Oh ! Des Philosophes, une espèce menacée ! Bah oui, « y’a aucun débouché ! ». Je m’évertue à les convaincre. Non, la philosophie ne vous destine pas à une errance angoissante à Pôle Emploi. Sinon, pourquoi philosopher ? « Eh bien, je suis en STG et j'écris un livre qui critique trop la société. Tu crois que ça ira pour finir de l’écrire ? Y'aura pas trop de travail à la fac de philo? » Trop bonne question, c’est un polar ? Mais voilà déjà une autre lycéenne qui approche. Oui, elle a le regard vicieux : « ça va les études ? Je ne m’intéresse pas à la philo. Mais y’a du monde partout où c’est intéressant, j’aime pas faire la queue....

Revue d'octobre 2015