Arriver en Master, c’est comme franchir un cap. Tout à coup, on se sent « vieux », on regarde en arrière avec mélancolie. Les starking-blocks sont loin, la vie active approche. Désormais, impossible d’éviter la terrible question de l’étudiant : « mais au fait, où je vais ? ».
L’angoisse surgit, je perds pied. Qui n’a pas ressenti cette impression de vertige, en arrivant en Master ? Comble de malheur, j’éprouve le sentiment de ne rien savoir, ou d’en savoir toujours trop peu. J’ai à peine effleuré la surface de la philosophie… Vite, une pelle, je dois creuser en profondeur ! J’aurais dû commencer ce travail depuis ma première année.
Si je retournais en licence... je dévorerais des livres sur les distinctions conceptuelles. Mon manuel de terminale serait devenu ma bible. J’aurais listé tous les mouvements en « isme » , au risque d’une indigestion. J’aurais dépêché des enquêteurs sur la signification du mot « problématique ».
Si je retournais en licence… je voudrais qu’on me dise que les objets qui nous entourent ne sont pas des choses en soi. Que rationnel est différent de rationalisable. Que la plupart de nos connaissances ne sont que probables. Que…
Surtout, que le goût de la philosophie vient en philosophant. Car je n’ai jamais autant aimé m’aventurer sur les bancs de ma faculté. Je me meus désormais sur une terre familière, où je savoure chaque pelletée, qui découvre mon ignorance.
Et je me réjouis plus encore d’en savoir si peu. Car il me reste d’autant plus de choses à creuser : des montagnes d’idées, des vallées de questions, une source intarissable d’étonnement.
JULIE W
Master 1

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